Les hommes préfèrent les rondes
L'intégriste de la rondeur

Revue Châtelaine, de Juin 1997, page 44-49

Les femmes rondes dérangent parce qu'elles dégagent une aura de sensualité brute qui n'a pas été aseptisée par le filtre de la norme, dit José Breton.
Les hommes préfèrent les rondes

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Le texte d'extrait de l'article de revue

José Breton m'avait donné rendez-vous à Granby, à l'heure du déjeuner. Nous étions installés dans un coin-banquette du restaurant St-Hubert et la table croulait sous la « documentation » qu'il avait apportée exemplaires de la revue Dimensions, catalogues de lingerie fine pour tailles qui le sont moins et autres spécimens de publications célébrant la profusion charnelle sans excès de discrétion.

Un univers dont je n'avais jamais soupçonné l'existence se déployait sous mes yeux. Je n'avais malheureusement pas le loisir d'en apprécier les finesses en toute tranquillité d'esprit. C'est que nous étions bien vite devenus l'objet d'une curiosité dont mon interlocuteur n'avait cure, mais que je ne pouvais me défendre de trouver... pesante. Les clients assis aux tables voisines nous jetaient des regards intrigués ou amusés. Les serveuses, qui s'étaient donné le mot, faisaient des détours pour passer à portée de notre table et de la littérature sur papier glacé qui s'y étalait. José Breton s'était échauffé en parlant et avait haussé le ton: « J'affirme que j'aime les femmes rondes et on me traite comme un dangereux marginal. Pourtant, je ne suis ni pédophile, ni même sadomasochiste ! »

Selon cet ex-professeur d'éducation physique de 34 ans, l'attirance pour les femmes bien en chair est une composante fondamentale de la nature masculine. Pour le démontrer, il a écrit deux livres à la gloire des rondeurs féminines (L'amour est femme et L'homme amoureux), lancé une revue vouée à la même cause généreuse (Telle Qu'elle) et créé un site Web (http://www.quebecweb.com/rondes/). Il se dit victime d'un complot. En 1995, le Salon du livre de Québec, où il voulait réserver un stand, l'a déclaré persona non grata.

Le Journal de Québec lui a refusé la publication d'une annonce. « Parce que j'y parlais de rondeurs ! » s'indigne-t-il. Le fait que le Conseil du statut de la femme lui ait adressé un blâme n'y était peut-être pas étranger? « C'est vrai ! J'ai publié des photos de femmes presque nues dans un des numéros de ma revue, convient-il. Mais ce même quotidien qui a refusé de publier mon annonce consacre tous les jours deux pages à des publicités d'agences de prostitution.

Comme je lui demande comment il explique cette... mise à l'index, il extirpe deux spécimens de la pile de revues qu'il a apportées pour étayer ses arguments. L'un est un exemplaire du magazine français 20 ans. L'autre, un numéro de Dimensions, le mensuel publié par la NAAFA. Bouches entrouvertes, yeux légèrement révulsés, les jeunes femmes qui illustrent la couverture des deux publications arborent des expressions rigoureusement identiques. Pourtant, chacune inspire des pensées ô combien dissemblables. De style « mannequin holocauste », le modèle de 20 ans exhale une mélancolie frisant la neurasthénie. L'autre, qui accuse 200 livres de plus, semble avoir adopté une pose d'invite impudente qu'en des termes moins choisis on pourrait qualifier de « franchement cochonne».

« Les femmes rondes dérangent parce qu'elles dégagent une aura de sensualité brute qui n'a pas été aseptisée par le filtre de la norme, dit José Breton. On me traite de pervers. Pourtant, je ne fais de tort à personne. Les homosexuels ne sont plus censurés quand ils affichent leurs orientations. Moi, si. Aimer les femmes fortes, ce n'est pas politically correct. »

José Breton en a assez des mannequins squelettiques - Duchesses rondelettes recherchées

J'ai à peine 18 ans

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