Contribution de plus de 2 millions $ à la recherche sur l'obésité
Journal de Québec jeudi 25 août, 2005 page 18

Sujet: Indépendance nulle

Pourquoi certaines personnes ont-elles plus de difficulté à maigrir ? Pourquoi certaines engraissent-ils plus facilement que d'autres? Ces questions intéressent les chercheurs de la Chaire de recherche sur l'obésité de l'Université Laval, qui reçoivent une contribution de 2,2 millions de dollars pour la poursuite de leurs travaux.

Les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) et Merck frosst Canada versent respectivement 735 000$ et 1,5 million de dollars sur cinq ans à la Chaire de recherche sur l'obésité. Merck frosst bénéficiera en retour d'une bonne visibilité, tant sur le plan de l'appellation de la chaire, qu'au cours des diverses activités d'éducation, du symposium annuel international et du séminaire en obésité. 

Quelque 25 chercheurs gravitent actuellement autour de la chaire, et cette nouvelle subvention devrait favoriser la venue de nouveaux éléments, a précisé, hier, le directeur de la chaire, le Dr Denis Richard. Jusqu'à 59 % des Canadiens présentent un surpoids et pas moins de 23 % des gens sont obèses.

Mécanismes de la faim

Situation pour le moins alarmante, au pays, 500 000 personnes souffrent d'obésité pathologique et autant d'enfants sont obèses. L'obésité est un problème de santé multifactoriel, qui accapare de 4 à 6% des coût de la santé dans les pays industrialisés.

Les chercheurs de la chaire poussent, entre autres, leurs travaux autour de la neurologie et de l'endocrinologie de l'obésité.

«Des mécanismes du cerveau contrôlent la prise d'aliments et la dépense énergétique, l'activité physique. Certaines personnes ont davantage de difficulté à maigrir, chez des individus, la faim est plus présente que chez d'autres. Il y a des prédispositions à l'obésité, auxquelles s'ajoute un environnement obésogène, composé de nourriture riche et dense en sucres et graisses et qui ne favorise pas l'activité physique. Il faut aussi considérer des facteurs de stress et de pollutions», a fait état, en entrevue, le Dr Richard.

Banque de tissus

Depuis sa création, en 1997, la Chaire de recherche sur l'obésité s'intéresse aux causes, séquelles, traitements et préventions de l'obésité, en partenariat avec des chercheurs canadiens et étranger.

On a notamment constitué une importante banque de tissus adipeux, prélevés au cours des chirurgies bariatriques pour l'obésité morbide, à l'hôpital Laval. Ces tissus servent à des recherches en génétique et génomique afin de mieux comprendre le phénomène d'accumulation de graisse.

Un site Internet offrant une panoplie de renseignement accessible, tant aux chercheurs et professionnels de la santé qu'au grand public.

La direction de la chaire établira sous peu ses pénates au Centre de recherche de l'hôpital Laval. Ce dernier est la seul centre de recherche au Canada, et l'un des rares au monde, à regrouper sous un même toit des axes de recherche en cardiologie, pneumologie et obésité.

Mon commentaire

Cette annonce fait la preuve hors de tout doute possible de l'existence d'une association entre les intégristes anti-obésité de l'université Laval et l'industrie de l'amaigrissement. Puis, on repassera pour l'indépendance des chercheurs. Ainsi, ceux-ci feront tout pour plaire à leur bailleur de fonds. 

Qu'est-ce qui fera plaisir à obtenir pour cette entreprise pharmaceutique de la part des chercheurs de l'université Laval ? D'après leurs sujets de recherches : « qui seraient d'étudier les mécanismes du cerveau contrôlant la prise d'aliments et la dépense énergétique,» on le devine facilement. Ils veulent faire des recherches pour aboutir à la fabrication d'un nouveau coupe-faim moins dangereux que le feu le Redux.

Comprendre pourquoi, il y a des gens qui mangent plus que d'autres et pourquoi, il y a des gens qui ont plus de misère à perdre du poids que d'autres. En répondant, à ces questions et ils pourront arriver à la création de nouveau médicament anti-obésité. Des pilules miracles, qu'ils pourront offrir aux femmes afin qu'elles deviennent enfin toutes minces comme elle.

Imaginez ici le miracle: «Au télé-journal du soir, la lectrice de nouvelles (mince bien sûr), annonce, avec grande joie, que grâce à un nouveau médicament anti-obésité (anti-rondeurs féminines) conçu par les chercheurs de la chaire de recherche sur l'obésité anciennement appelée Donald B. Brown et qui s'appelle maintenant chaire de recherche Merck Frosst/IRSC, qu'en ce jour du 1 avril 2010 toutes les femmes sans exception sont enfin minces. Comme, elles rêvaient toutes de le devenir! Enfin fini les complexes, fini la gêne, les vêtements style rideau de douche et la culpabilité d'avoir des rondeurs!»

Nous faisons face ici à un sérieux problème éthique. Après le scandale des commandites, le fédéral se lance dans un autre scandale, celui des subventions de recherches (avec l'argent des contribuables) contournées pour aider l'industrie pharmaceutique à développer des médicaments complètement inutiles.

En effet, le traitement de l'obésité fait partie de la division "life style" chez les entreprises pharmaceutiques. Ainsi, le Xenical fait partie de la même catégorie de médicament que le Viagra. Cette division de médicaments s'appel style de vie, parce qu'ils n'ont pas pour but de guérir une maladie. Ils sont conçus pour améliorer l'apparence physique, pour améliorer les performances sexuelles, etc. 

Comment un organisme gouvernemental peut-il s'associer avec une entreprise pharmaceutique, de une et à la recherche sur l'obésité, de deux?

De une, l'unique intérêt d'une entreprise privée, ce sont les profits. Merck frosst ne fait pas un don pour la recherche sur l'obésité, il fait un investissement. Ils s'attendent que ces recherches deviennent rentables pour eux un jour. Évidemment dans le contexte, les chercheurs auront implicitement tendance à essayer d'obtenir des résultats pour les satisfaire afin d'obtenir d'autres subventions de recherche.

De deux, tout ce qui entoure la recherche sur l'obésité est motivé par l'obsession de la minceur chez les femmes, donc louche et corrompu à l'os. L'industrie de la minceur a un chiffre d'affaires de 35 milliards de dollars, par année, aux États-Unis. Cette richesse pousse les gens à y faire parti par cupidité (profiteurs, arnaqueurs). 

Si la recherche sur l'obésité n'aurait pas un but de rentabilité, les sujets de recherche seraient différents. Les chercheurs ne seraient pas centrés à faire des recherches pour essayer de démontrer que la situation de l'obésité est apocalyptique. Par conséquent, les médias parleraient rarement de l'embonpoint. 

Pour terminer, les universités ne devraient pas recevoir de l'argent provenant des entreprises privées. Elles devraient accepter seulement de l'argent provenant des fonds publics pour s'assurer de l'indépendance de leurs chercheurs.

Complément d'informations:

L'histoire

Le groupe pharmaceutique profite de l’annonce de résultats peu probants du taranabant, médicament expérimental de Merck & Co contre l’obésité et concurrent potentiel du rimonabant du français.

2,2 M$ à la Chaire sur l'obésité

Obésité: Merck Frosst s'allie à l'Université Laval

Investissement de 2,2 M $ dans le Chaire de recherche Merck Frosst

Obésité: Merck Frosst s'allie à l'Université Laval

Chaire Merck Frosst

AMEQ | Le réseau d'information en éducation

Investissement de 2,2 M $ dans le Chaire de recherche Merck Frosst

NAASO, The Obesity Society Le bureau chef des intégristes anti-obésité

Comment est-ce possible?

Comment l'IRSC peut faire confiance à une entreprise pharmaceutique, en voyant Roche hoffman payer un chercheur pour tester le Xenical sur des ados tout en faisant des publicités racoleurs destinées aux femmes.

Un médicament pour aider les jeunes obèses à perdre du poids  

Une pub sur une pilule amincissante qui fait rager les médecins  

Publicité scandaleuse pour le Xénical   

L'argent coule à flot  pour les intégriste anti-obésité de l'université Laval 

Un monde de plus en plus gros  

Recherchée: hommes à petite bedaine!  

Un centre de prévention de l'obésité chez les jeunes ouvre ses portes à l'UL

Le rimonabant Une nouvelle pilule pour réduire l'obésité

Le régime Montignac reconnu par des chercheurs de l'Université Laval / Montignac goes to U.S.A 

Questions d'indépendance des chercheurs

Un chercheur fumiste à l'Université de Montréal  

Les hommes nient leurs problèmes de poids  C'est pas pour les hommes qui font ces recherches.

Indépendance des chercheurs

France: Tract d 'Indépendance des Chercheurs du 13 janvier

Mobilisation en France

INDEPENDANCE DES CHERCHEURS

On se retrouve avec des équipes de recherche qui sont juges et parties. Qui sont financées à la fois par le fédéral et par le privé et à qui on a imposé, en quelque sorte, des orientations de recherche.

Drug studies under the influence

At least half of U.S. medical schools are willing to give companies that sponsor studies of drugs and treatments considerable control over the results, says a survey that some doctors found troubling

Climate: Is The Science For Sale?

Fat-Cat Obesity Organizations Hog Congressional Mic

Sponsoring the obesity crisis

BBC NEWS | Health | Do we need lifestyle drugs?

Lifestyle drugs: issues for debate -- Lexchin

With more than 60 percent of Americans overweight, Shell says scientists and drug companies alike see obesity as the "trillion-dollar disease


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