À LA UNE Drame : OPÉRATION FATALE À L'INTERNATIONAL
Le Journal de Québec Actualités, vendredi 8 juillet 2022, p. 5

Ceux qui font la promotion du brochage d'estomac sont complices du décès de cette femme et de tous les décès associés à la chirurgie bariatrique.

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Sujet:Brisons le silence entourant la chirurgie bariatrique

On peut y lire:

Une montréalaise est décédée après trois mois aux soins intensifs d'un hôpital turc après une chirurgie bariatrique

Une Montréalaise de 38 ans, dont les proches soulignent à grands traits la générosité, est décédée après plus de trois mois aux soins intensifs dans un hôpital turc en raison d'une chirurgie bariatrique qui a tourné au cauchemar.

«Je ne suis pas bien, je suis déprimé, stressé. J'ai perdu la femme de ma vie », lance, dévasté, Sami Touggari.

Sa femme, Soumia Khabzagua, est décédée lundi dernier dans un hôpital privé d'Istanbul, en Turquie.

L'aide-pâtissière avait quitté le Québec le 28 mars dernier afin d'aller subir une gastrectomie en manchon (sleeve) pour la somme de 10 000 $.

Ce type de chirurgie bariatrique destiné aux personnes aux prises avec de l'obésité sévère consiste à retirer les deux tiers de l'estomac afin de réduire sa taille, et du même coup l'appétit du patient.

Elle avait choisi la Turquie pour ses coûts plus faibles, ses délais plus rapides et ses exigences moins sévères qu'au Québec.

UN MASSACRE

Mais dès les débuts de la chirurgie, une hémorragie interne importante est survenue, touchant même l'aorte, selon un court document médical consulté par Le Journal.

«C'était un massacre, c'est honteux de voir des gens comme ça [...] Le comportement des médecins est inhumain », affirme Ahadda Ghandjaoui, qui s'est rendue en Turquie au chevet de son amie.

La mère de trois enfants, qui a immigré de l'Algérie il y a une dizaine d'années, a été plusieurs semaines dans le coma. Son état s'est ensuite dégradé très rapidement dans les jours précédant sa mort.

Le frère de Mme Khabzagua était alors au milieu de longues démarches afin de pouvoir lui rendre visite une dernière fois.

«Le frère de Soumia a reçu la procuration le matin et elle est décédée la nuit suivante », souffle son amie Dalila Ghazali.

Sami Touggari déplore le manque d'appui d'Ottawa dans le dossier de sa femme.

«Elle est entrée en Turquie avec un passeport canadien, ce sont eux qui devraient l'aider », lâche-t-il, précisant que ce sont plutôt les services consulaires algériens qui l'ont soutenu dans ses démarches.

Il a notamment cogné aux portes du consulat canadien à Istanbul, de son député fédéral et du ministère canadien des Affaires étrangères.

EN SOUVENIR

Avant que la famille de Mme Khabzagua ne s'envole vers Alger, où son corps sera rapatrié, des proches ont tenu mercredi soir à lui rendre un dernier hommage dans une mosquée de Montréal-Nord.

«Partir en bonne santé et revenir en cercueil, je n'arrive pas à accepter ça. C'est inhumain », soupire Amal Mechti, une collègue de travail. «C'était une femme adorable, serviable, gentille, qui pense à sa famille. Elle nous aidait, nous donnait des conseils », se remémore Kahina Tahi, l'une de ses amies.

En parallèle, des proches de Mme Khabzagua comptent intenter dans les prochains jours des procédures judiciaires contre l'hôpital BHT, où elle séjournait.

Ils souhaitent notamment obtenir une copie du CD de l'opération et son rapport médical détaillé, ce que l'hôpital refuse de fournir.

L'agence de voyages International Clinics, avec laquelle Mme Khabzagua avait fait affaire, et l'hôpital BHT n'ont pas répondu aux demandes du Journal.

CAUSES À DÉTERMINER

À la suite de pressions de l'avocat turc de la famille, une autopsie a pu être réalisée à Istanbul, afin de connaître les causes exactes du décès. Les résultats ne sont pas encore connus.

Une deuxième autopsie sera aussi faite par les autorités algériennes lors de la réception de la dépouille.

«Si le corps d'une personne décédée à l'extérieur du Québec n'est pas transporté au Québec [...], il n'y aura pas intervention d'un coroner », précise pour sa part le Bureau du coroner.

Mon commentaire

Ceux qui font la promotion du brochage d'estomac sont complices du décès de cette femme et de tous les décès associés à la chirurgie bariatrique. En effet, ceux-ci banalisent cette intervention chirurgicale majeure qui comporte des complications handicapantes.

Les médecins qui pratiquent l'ablation de l'estomac se sont constitués en association pour mieux imposer leur idée. Par conséquent, personne n'ose remettre en question leur jugement.

Au début, pour faire pression sur le gouvernement, pour obtenir la permission de faire plus de chirurgies par année, ils utilisaient des personnes pour faire des témoignages dans des revues à potins.

Ils ont même convaincu l'AETMIS de recommander ce charcutage d'estomac.

Aujourd'hui, ils ont réussi, avec leur acharnement, à obtenir du gouvernement de faire 10 fois plus d'opérations par année qu'il y a 20 ans. Ces médecins aimeraient en faire encore plus. De 3000, ils aimeraient se rendre à 10 000 annuellement au Québec.

En d'autres mots, ils ont réussi à généraliser la pratique. Ils organisent des levées de fonds avec des randonnées de vélo pour financer plus de chirurgies. Ils ont même créé la Fondation Ronald-Denis. Ces activités publiques constituent une technique de relation publique pour donner une belle image au brochage d'estomac.

La mutilation des gros a atteint le même niveau de respectabilité que la recherche sur le cancer chez les enfants. C'est complètement tordu.

Ces chirurgiens sont très actifs à faire des relations publiques auprès des journalistes. Ils les contactent pour faire l'éloge des prétendus bienfaits sur la santé de la chirurgie de bariatrique.

Lorsqu'ils sont invités dans une émission de télévision, ils ne parlent jamais des complications. Ce qui démontre leur volonté de banaliser cette chirurgie très invasive, pour rassurer les clients potentiels.

Dans ce contexte du contrôle total de l'information de la part de ces chirurgiens. Les femmes ne peuvent pas se forger une opinion juste.

Ainsi les femmes pensent que:

- si le gouvernement paye pour ça, cela devrait être bon!

- si personne ne va sur la place publique pour parler contre ça, cela devrait être bon!

- si les médias ne font pas de reportage sur la réalité entourant les complications qui y sont associées, cela devrait être bon!

Il faut considérer aussi que les femmes qui souffrent d'une image corporelle négative ne sont pas portées à développer un esprit critique sur ce genre de mutilation physique. Elles sont à la recherche du moyen ultime pour perdre du poids. Elles le veulent le plus rapidement possible, jusqu'à aller dans un autre pays pour se le faire faire.

Si Mme Khabzagua, avait eu accès à une information complète et fidèle à la réalité à propos de la chirurgie bariatrique, elle n'aurait pas été autant enthousiaste pour vouloir subir cette mutilation physique et elle ne serait pas morte.

Il faut absolument un moratoire sur ce type de chirurgie pour retirer l'omerta l'entourant. En effet, ils nous cachent beaucoup d'informations et surtout sur les complications.

Cette pratique est inhumaine, elle devrait être interdite, car rien ne la justifie médicalement parlant.

Un moratoire nous permettrait de connaître la réalité des femmes qui se sont faites sectionner l'estomac. Sont-elles heureuses? Vivent-elles le parfait bonheur? Quels sont les complications, les souffrances et les problèmes qu'elles ont vécus et vivent encore aujourd'hui? Quelle est leur qualité de vie, leur niveau d'anxiété et leur santé mentale; on en tient-tu compte? Non!

Complément d'informations:

L'histoire

Canadian Association of Bariatric Physicians and Surgeons (CABPS)

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