Pour en finir avec les préjugés grossophobes
Le Devoir Culture, samedi 13 novembre 2021 709 mots, p. A10

La série documentaire « J't'aime gros » fait oeuvre utile en informant les gens, en les sensibilisant, en allant chercher leur empathie pour leur faire comprendre la souffrance des gros pour les inciter à leur faire attention.

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Sujet: Les offensés de la grossophobie

On peut y lire:

Une nouvelle docusérie s'attaque à la stigmatisation des personnes grosses

«Mais pourquoi les gros dérangent ? C'est quoi le problème ?»se questionne l'humoriste Christine Morency dans la nouvelle série documentaire J't'aime gros, qu'elle coanime avec la chanteuse Mélissa Bédard. Celles qui affichent leurs formes sans complexe s'attaquent de front à la grossophobie et tentent de faire tomber les préjugés.

«Le racisme, il n'a plus sa place maintenant, il y a des mots qu'on ne peut plus utiliser sur la place publique parce qu'ils sont trop lourds de sens. Mais la grossophobie, elle, est tellement acceptée [...] Je suis tannée qu'on associe les gros à des préjugés qui les stigmatisent», déplore l'humoriste dès les premières minutes de la série.

À travers les six épisodes de trente minutes, elle discute ainsi avec Mélissa Bédard de ce qu'est la grossophobie, des façons dont elle se manifeste au quotidien et de tout le mal qu'elle peut faire. Les deux animatrices n'hésitent d'ailleurs pas à puiser à même leurs expériences personnelles pour illustrer leurs propos.

Car si elles affirment aujourd'hui s'aimer et se trouver belles avec leur corps «hors normes», le chemin pour en arriver là n'a pas été facile. Des commentaires haineux sur leur poids, elles en ont reçu des tonnes chaque fois qu'elles montrent une parcelle de peau sur leurs réseaux sociaux ou lorsqu'elles font une simple apparition à la télévision. C'est un combat permanent, soulignent-elles, pour s'accepter soi-même et se faire accepter par les autres.

Mettre des mots sur le problème Au fil des épisodes, plusieurs voix se joignent aux leurs pour mettre des mots sur le problème et trouver des solutions. Les deux animatrices donnent notamment la parole aux humoristes Lise Dion et Matthieu Pepper, à la chanteuse Renée Wilkin et au chroniqueur Jean-Sébastien Girard. Sous forme d'entrevues intimes, les invités abordent des sujets aussi variés que leur alimentation, leur santé, l'intimidation dont ils ont été victimes, mais aussi comment il est difficile de séduire ou de s'habiller lorsqu'on est une personne grosse.

Dans le premier épisode, que les médias ont pu visionner en primeur vendredi, Lise Dion révèle par exemple ne s'être jamais déshabillée devant son conjoint, gênée du regard qu'il pourrait porter sur son corps nu. De son côté, l'artiste de cirque Mario Cadieux raconte avoir dû passer une IRM dans un hôpital vétérinaire, «sur une table à vache», parce que son corps «ne fittait pas» avec les appareils médicaux traditionnels.

À travers les différents témoignages, la série cherche surtout à déconstruire des préjugés encore tenaces dans notre société, comme le fait qu'on entende encore dire que les personnes grosses sont paresseuses, qu'elles ne font jamais de sport, qu'elles mangent beaucoup ou qu'elles ne sont pas en bonne santé.

Le chercheur à l'Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec Benoit Arsenault vient d'ailleurs apporter son expertise à ce sujet, lui qui s'intéresse à la relation entre le poids et la santé. Il démontre à ceux qui ne le savent pas encore que, oui, c'est possible d'être gros et en bonne santé.

Un mot encore tabou Le journaliste Mickaël Bergeron et la blogueuse Edith Bernier - qui ont écrit respectivement La vie en gros et Grosse, et puis ? - apportent également leurs réflexions. Il faut dire que leurs livres sont à l'origine de l'existence de la série, de l'aveu de la productrice Isabelle Maréchal.

«Leurs livres m'ont touchée et troublée», indique-t-elle en entrevue. Elle ajoute avoir réalisé que «nous sommes tous un peu grossophobes. Pas parce qu'on est de mauvaises personnes, mais parce qu'on est ignorants». Isabelle Maréchal espère que la série permettra d'entamer un dialogue sur la grossophobie, un mot encore tabou, et qu'elle contribuera à changer le regard que la société porte sur les personnes grosses.

J't'aime gros Série documentaire en six épisodes, diffusée sur la plateforme Vrai de Québecor à partir du 16 novembre.

Mon commentaire

Quoi penser de l'opinion de P-A Méthot sur la grossophobie ?

Quoi penser de la réaction de P-A Méthot, un ex-gros, à la série documentaire sur la grossophobie « J't'aime gros » sur la plateforme Web « Vrai » de Québécor?

Il s'oppose à l'utilisation du mot grossophobie. Il trouve ça épouvantable. Il est offusqué et émotif. Il y a une intensité dans son ton de voix qui suggère qu'il va bientôt faire du militantisme contre l'utilisation du mot grossophobie.

Habituellement, le but de défendre une cause est de vouloir soulager une souffrance humaine. L'utilisation du mot grossophobie ferait souffrir du monde. Ben voyons!

Pourquoi tient-il un discours aussi insensé ?

En effet, ceux et celles qui luttent contre la grossophobie dénoncent les commentaires et les comportements haineux dont ils sont victimes au quotidien.

Avant sa perte de poids, P-A Méthot a été victime de grossophobie lui-même. Comment peut-il nier l'existence de quelque chose qui l'a fait souffrir?

Sophie Durocher remet en question le bien-fondé de la dénonciation de la grossophobie parce que pour elle, c'est à l'épidémie d'obésité qu'il faut s'attaquer.

L'épidémie d'obésité est un concept abstrait qui ne réfère à aucune souffrance morale ou physique.

S'opposer à l'utilisation du mot grossophobie sous-entends nier l'existence d'une souffrance humaine. Ne pas concevoir qu'autrui puisse souffrir, d'être froid face à la souffrance qu'une personne peut vivre, c'est ce que j'appelle avoir un comportement ou une attitude anti-sociale.

P-A Méthot souffre sûrement d'un trouble de la personnalité dissociative. Il n'a pas reconnu qu'il a été victime de haine et de mépris et méprise ceux qui osent dénoncer les grossophobes, les bourreaux. Il est un bourreau envers lui-même.

Tant qu'à Sophie Durocher, elle est une personne anti-sociale qui s'ignore. Elle se sent sûrement appuyée par une société qui, jusqu'à maintenant, a ignoré la grossophobie. Si tout le monde hait une chose, haïr cette chose devient une norme malgré le fait que de haïr soit un comportement malsain.

La série documentaire « J't'aime gros » fait oeuvre utile en informant les gens, en les sensibilisant, en allant chercher leur empathie pour leur faire comprendre la souffrance des gros pour les inciter à leur faire attention. Ce qui fera évoluer les mentalités.

P-A Méthot fait référence à mes manifestations pour plus de femmes rondes à la télévision. C'est à cause de la grossophobie qu'il y a peu de femmes rondes à télévision!

Voici le verbatim de l'opinion de P-A Méthot lors de l'émission « Du côté de chez Catherine » du 21 novembre 2021 SRC première et de Sophie Durocher à QUB radio

- J'ai un immense problème, Catherine, pis je ne me ferai pas d'amis là!

- J'ai un immense problème avec le principe de grossophobie.

- Moi quand le mot est sorti là, j'ai eu un immense problème avec ça - parce que on commençait à faire partie d'une gagne.

- On était, on était identifiable, on était tsé.

- On pouvait maintenant, même, pis à limite si on voulait se victimiser, on pouvait se victimiser avec un terme de grossophobe.

- Moi, je trouve ça épouvantable que ça existe!

- Parce qu'en faite quand on s'est mis à parler de grossophobie à un moment donné, on a vu du gros monde dans toutes les pubs dans toutes les séries dans tous les ça.

- Encore là, c'est pas ça, c'est que, on ré-expose encore pour dire regarde: ils ont droit d'exister ces gens là, alors que ils ont toujours eu le droit d'exister.

- Est-ce que vous en avez par-dessus la tête vous de l'expression du mot grossophobie ?

- On fait face en ce moment au Québec à un épidémie d'obésité.

Vidéo commentaire de José Breton

Du côté de chez Catherine 21 novembre 2021 SRC première
Prendre ou perdre du poids dans l'oeil du public : Discussion

Manifestation à l'occasion du Gala Artis 2017

Sophie Durocher Qub Radio Jan 22, 2020 1:00 PM
Grossophobie sur la place publique

Sophie Durocher Qub Radio Nov 12, 2021 9:57 AM
Au Québec, on méprise les gros plus qu'ailleurs, selon Melissa Bédard

Épidémie d'obèse au Québec journal de Québec 26 février 2003

Complément d'information :

L'histoire

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J't'aime gros ouvre les yeux sur la grossophobie

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