Obésité : une identité à défendre ou un problème majeur de santé publique ?
Magazine l'Express - Publié le 10/09/2021

Au nom de la lutte contre la grossophobie, le mouvement de fat acceptance conteste de plus en plus la science et les effets du surpoids sur la santé.

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Par Benjamin Sire

Au nom de la lutte contre la grossophobie, le mouvement de "fat acceptance" conteste de plus en plus la science et les effets du surpoids sur la santé.

À l'heure du libéralisme et de l'individualisme triomphants, chaque particularité de l'être devient une identité, souvent politique, fièrement arborée, derrière laquelle son porteur se cache tout entier. Au surplus, nombre de ces identités sont désormais des sujets de recherche en sciences sociales, venant le plus souvent des départements spécialisés des universités américaines.

L'ensemble se regroupe derrière les études transdisciplinaires héritées de la French theory, exportée outre-Atlantique par Deleuze, Foucault, Derrida et compagnie, que constituent les "culturals studies", dont le but est schématiquement d'analyser les capacités de résistance des groupes envisagés comme minoritaires et subissant par essence des discriminations, souvent jugées systémiques, selon une grille de lecture où la question du rapport entre dominants et dominés est prépondérante.

De nombreuses disciplines reprenant cette filiation ont vu progressivement le jour, comme les "gender studies", regardant logiquement la question du genre, ou les études postcoloniales, particulièrement prisées en France au regard de notre passé. Mais les identités se multipliant sur l'autel du libéralisme, d'autres disciplines viennent sans cesse s'ajouter à ce corpus, dont les "fat studies", qui se concentrent sur le traitement et les représentations sociales, culturelles et politiques de l'obésité, notamment depuis que les organismes de santé publique tirent le signal d'alarme sur l'augmentation du surpoids dans la population des pays développés et sur ses conséquences sanitaires. Ces études se greffent par ailleurs sur un mouvement plus ancien, datant des années soixante-dix, le "fat acceptance", ou mouvement d'acceptation des gros, créé lui aussi aux États-Unis dans le sillage de la National Association to Advance Fat Acceptance (NAAFA), dont le but est la promotion de l'image des personnes obèses et en surpoids.

La concomitance de ces deux phénomènes (création des fat studies et campagnes de santé publique) paraît logique dans la mesure où l'accent mis sur l'obésité au sein de nos sociétés tend à accentuer les discriminations dont sont parfois victimes les personnes concernées. Outre les traditionnelles blagues de mauvais goût liées à la corpulence ou à la graisse, viennent maintenant se greffer les idées selon laquelle l'obésité serait le témoignage d'un déficit de citoyenneté au regard de son coût pour la collectivité, mais également un marqueur d'appartenance aux catégories sous-éduquées ou de basse extraction. Qu'importe l'origine et la diversité des causes de surpoids et le fait qu'elles prennent racine dans l'évolution de nos modes de vie et de nos habitudes alimentaires au sein de sociétés de plus en plus sédentaires, où la malbouffe se taille la part du lion, aidée par des emplois du temps souvent peu compatibles avec l'attention requise à une alimentation saine et souvent coûteuse.

40% de la population touchée par l'obésité aux Etats-Unis

Une fois ces choses dites, le problème subsiste et l'obésité progresse partout dans des proportions qui ne doivent pas seulement alerter les pouvoirs publics, mais aussi les conduire à prendre des mesures drastiques pour en inverser l'évolution et les conséquences. Ainsi, aux États-Unis, terre promise de la "junk food", le nombre d'obèses a depuis très longtemps dépassé le seuil d'alerte, atteignant désormais plus de 40% de la population, selon un rapport de Trust for America's Health, publié en septembre 2020. L'obésité y joue par ailleurs un rôle non négligeable dans l'apparition des formes graves du Covid, mais également dans un phénomène particulièrement inquiétant et nouveau pour un pays occidental, à savoir la baisse de l'espérance de vie depuis le mitan des années deux-mille dix, notamment chez les hommes. Si de nombreux autres facteurs rentrent la ligne de compte dans ce mouvement, comme l'augmentation conséquente des overdoses, l'important surpoids et les maladies qui lui sont souvent associées comme le diabète et les pathologies cardiovasculaires y participent grandement.

En France aussi l'obésité ne cesse de gagner du terrain avec une prédominance inquiétante chez les jeunes et les catégories populaires. Ainsi, alors que près de 50% de la population française est a minima en surpoids, le taux d'obésité a doublé chez les jeunes de 18 à 24 ans durant les 10 dernières années, pour toucher près de 9% d'entre-eux, tandis que, selon la Ligue contre l'obésité, 34% des enfants de 2 à 7 ans et 21% de ceux de 8 à 17 ans sont en surpoids. Ce phénomène est observable dans toute l'Europe, à l'exception des pays scandinaves qui ont pris le problème à bras-le-corps de longue date (prouvant qu'il est possible de le traiter), et s'avère particulièrement grave dans les pays du Sud, comme l'Italie, l'Espagne ou la Grèce. Mais contrairement à ce que l'on pourrait imaginer, il ne touche pas que les pays occidentaux. Ainsi, en dépit de la nécessité de continuer à lutter contre la faim dans certaines parties du continent africain, celui-ci est désormais également en proie aux problèmes d'embonpoint qui touchent, a contrario de l'Europe et des États-Unis, particulièrement les classes supérieures, gagnées par la sédentarité et ayant un accès courant aux produits gras et salés dont les plus pauvres ne disposent pas. Cette particularité sociale se retrouve aussi en Inde et s'y accompagne d'un trait distinctif faisant de l'importante corpulence un signe extérieur de réussite.

De la défense et protections des personnes souffrant d'obésité à leur glorification...

Bref, l'heure et grave et comme nous l'avons dit précédemment, au fur et à mesure que le nombre de personnes touchées par un surpoids conséquent augmente, les discriminations qui les visent le font aussi, justifiant qu'on les étudie, ce qui nous ramène au "fat studies". Ainsi, depuis l'école, jusqu'aux transports en passant par la sphère professionnelle, la recherche de logement, le milieu médical, et même les relations amicales, ces discriminations peuvent avoir de sérieuses conséquences psychologiques et même créer de nouveaux troubles alimentaires se sur-ajoutant à ceux existants. On pourrait donc, non seulement ainsi légitimer les "fat studies", mais surtout se réjouir de leur existence, attendant qu'elles s'investissent contre les moqueries et préjugés atteignant les plus en chair de nos frères humains et proposent des pistes innovantes en matière de santé publique pour participer à réduire l'obésité au sein de nos sociétés.

C'est hélas là que le bât blesse, dans la confusion opérée entre la défense et la protection des personnes souffrant d'obésité, et la glorification de cette même obésité au prétexte de la sacralisation des identités, au nombre desquelles elle se voit désormais rangée. Après l'époque du "small is beautiful", voici venu le temps du "big is cool". Pourquoi pas, après tout ? Sauf que cette tendance s'avère des plus délétères.

Elle se déploie depuis quelques années autour de différents axes. Le premier, le plus tendancieux, consiste, davantage qu'à lutter contre les discriminations frappant les obèses, à remettre en cause la réalité des conséquences du surpoids sur la santé de celles et ceux qui en souffrent.

Cela peut se faire selon le classique procédé de l'inversion accusatoire en rappelant que si le surpoids représente un danger effectif pour l'organisme, il en est de même, et peut-être de manière plus insidieuse, des régimes. Cela est d'ailleurs souvent exact. Nombre de régimes provoquent des déséquilibres et des carences alimentaires, au regard de leur aspect trop restrictif ou de leur fondement sur un nombre trop réduit d'aliments. Au surplus, ne pouvant perdurer au-delà d'une certaine limite, leur bénéfice est limité dans le temps et la reprise de poids est très rapide après leur arrêt, l'aiguille de la balance remontant souvent au-delà de sa position initiale.

Qu'importe cette réalité, si maigrir trop vite quand on est obèse peut présenter nombre d'effets négatifs, le but n'en est pas moins de maigrir. Cela peut réussir grâce à un changement durable, mais en douceur, de la composition de ses repas, en bannissant certaines habitudes comme le fait de grignoter à toute heure et en compensant sa sédentarité par la pratique d'une activité physique. Outre les évolutions dans les comportements individuels, de véritables politiques de santé publique à grande échelle doivent être mises en place et se concentrer sur tous les âges de la vie avec un accent particulier à mettre sur l'éducation

Sujet: Qui sont les complotistes au juste ?

Mon commentaire

Le complotisme est caractérisé par des théories farfelues. En d'autres mots, par des arguments qui ne sont pas basés sur des faits.

Qui des militants anti-obésité ou des militants contre la grossophobie sont des complotistes ?

La science se termine où commence la propagande.

Ce sont les militants anti-obésité qui sont les extrémistes. Car, ils exagèrent, ils veulent manipuler l'opinion publique en terrorisant le peuple.

Ils forment un groupe de personnes charismatiques et obnubilées par leur cause. En d'autres mots, des personnes exagérément intenses à défendre leur cause.

C'est en lisant leurs allégations, plus farfelue les uns que les autres qu'ils répètent sans arrêt depuis 25 ans, qu'on réalise qu'ils sont un groupe de complotistes contre l'obésité.

Leur allégation la plus ridicule

L'espérance de vie des enfants sera moindre que leurs parents:

Cela est une prédiction et non pas un fait.

Et encore:

Ils nous informent régulièrement, tous les quatre et cinq ans depuis 25 ans, qu'il y aurait une augmentation de l'obésité.

C'est absurde, cela suggère que l'obésité augmenterait de manière exponentielle. La réalité, c'est que le pourcentage de gros n'augmente pas, c'est la population qui augmente avec le temps.

Cela va coûter de plus en cher au système de santé.

Cela est une prédiction et non pas un fait.

Ils associent toutes les maladies possibles et impossibles à l'obésité. Ils vont jusqu'à comparer l'obésité, au niveau du risque pour la santé, au tabagisme. Ils font de la recherche scientifique militante pour appuyer leurs allégations.

Exagérer ou amplifier les choses est une méthode qu'utilisent les complotistes pour manipuler les esprits.

L'auteur de ce texte d'opinion a adopté le discours alarmiste des intégristes anti-obésité/malbouffes par le phénomène de l'indignation.

Lorsqu'on réussit à toucher le sentiment d'indignation chez une personne, on peut lui faire croire n'importer quoi.

Ceux qui utilisent cette technique de manipulation sont des complotistes.

Tandis que le fat acceptance, qui dénonce la grossophobie, est appuyé par des faits tels que:

- Les gros sont victimes de discrimination, c'est une réalité indiscutable.

- Il y avait des gros et il y en a et il en aura toujours.

- La santé n'est pas une question de poids corporel mais de bonnes habitudes de vie. Les gens minces tombent malades aussi. Les gros ont autant de chances d'être en santé.

La science et les scientifiques ne sont pas exempts de biais.

- La guerre contre l'obésité culpabilise les femmes, ce qui est profitable pour l'industrie de l'amaigrissement. Ce n'est pas une guerre désintéressée.

- C'est légitime pour les gros d'aller sur la place publique demander d'être respectés. Ils ne sont pas un problème de santé ambulant, ils sont des individus qui ont une opinion sur eux-mêmes.

Justement, la grossophobie médicale, c'est quand le médecin s'adresse à la maladie de l'obésité et non à la personne qui est devant lui. Elle n'est plus perçue comme un individu, mais elle est perçue comme un problème de santé.

Les militants anti-obésité et les adaptes de leur discours critiquent ceux qui osent les remettre en question. Ainsi, les activistes du fat acceptance sont vus comme étant contre la science. Ce serait eux les complotistes d'après eux.

Ces fanatiques osaient dire qu'il y avait une unanimité. Grâce aux militants contre la grossophobie, cette unanimité n'existe plus.

Être contre la science, c'est être contre la vérité.

Personne n'a le droit de contredire la vérité.

Les intégriste anti-obésité/malbouffes utilisent la façade de la science pour crédibiliser leur mépris envers les gros.

J'ai eu raison de m'acharner, depuis 1998, à dénoncer ce regroupement d'activistes qui ont réussi à convaincre les journalistes. La confrontation entre eux et les activistes contre la grossophobie fait ressortir l'existence de leurs manigances.

Énoncer à une personne grosse toute la litanie des conséquences prétendues de l'obésité, qu'est-ce que cela change dans sa vie, elle n'a pas le pouvoir de changer son corps.

Cette croisade contre l'obésité, encourage les personnes à haïr les gros, cela entretient, justifie et normalise la grossophobie.

On pourrait se faire traiter d'obesito-spectique.

Complément d'informations :

L'histoire

Obésité : une identité à défendre ou un problème majeur de santé publique ?

Cancer Research UK Slammed Again For 'Shaming' Advert Likening Obesity To Smoking

Le scan de l'article «Obesity an overblown epedemic?»

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